Francis, j'espère m'en aller bientôt et je pense très très fort à toi. Permets moi de parler de toi parce que malgré ce que tu crois, tu es important.
Je ne connais qu'une bribe de ta vie, mais déjà elle me touche, je la raconte de mon point de vue, je l'imagine, mais il y a des choses qui sont indéniables... T'es Bon.
Allez, je m'accapare ta parole et je parle à ta place, veux tu ? Peut-être que ce que je dis est faux, tu sais je suis jeune, et je ne te connais pas.
J'ouvre l'½il, il est 4heures. Les couloirs de la clinique sont vides. J'ai ce n½uds dans le Bide. Comment faire pour démêler tout ça ? Rendors toi Francis, rendors toi. Mais je ne peux pas... Alors je pose mon pieds droit sur le sol froid de ma chambre froide, jamais le gauche parce que je m'efforce de sourire. J'ai peur, j'ai 60ans, mais j'ai peur, comme un enfant sans mon papa, ni ma maman. Malgré le temps, malgré tout ça, je suis toujours cet orphelin. Il va falloir attendre 7h30 pour aller prendre mes Bonbons comme Noël le dit. Bonbons parce que Bobo. Je croise Rozen, cette Jolie infirmière dans les couloirs, j'ai besoin de parler, mais je ne la dérangerai pas, il n'y a pas que moi. Je m'assois, j'attends. Avec ce petit balancement dans le bassin, je me concentre sur lui, sur ce mouvement répétitif qui m'empêche de penser.
J'avale ma pilule. Rozen m'ouvre la porte. Je sors. Je n'ai qu'une envie : pêcher. Une passion de gamin, avaler ce Bol d'air pour faire passer toutes ces larmes. Je ne sais pas qui je suis. Deux amoureux sur un banc. Comme je vous envie, et comme j'ai mal. Jamais je n'ai connu la chaleur d'un autre corps contre le mien, une bouche qui vienne susurrer à mon oreille un « je t'aime » attendrissant. Pas d'enfants, pas de petits enfants, pas de postérité. Ni d'antériorité d'ailleurs. Je suis un morceau. Il est 17heures, je pourrai rentrer dans mon appartement, regarder ma télévision et me dire « ça ira mieux demain » et puis la journée est passée malgré tout. Mais je ne peux pas. Alors je rentre à la clinique, .. Et je parle et je parle. Je sors tout ce que je peux.
A mon tour je prends la parole. Francis, je te regarde parler. Tu embrumes mes yeux. J'peux pas décrire ce qu'il se passe, moi je veux juste te prendre dans mes bras, on s'en fout si on pleure, on s'en fout si on dit rien, on s'en fout de tout. Je t'observe. Je veux ton Bonheur, Je le veux de tout mon c½ur, d'ailleurs celui ci carbure, s'emballe de haine contre la vie qui a marqué ton visage. Je n'accepte pas de te voir marcher tête baissée, lève là. J'imagine ces imbéciles heureux comme ils doivent rire de toi. De ce petit homme, avec ces petites baskets, son petit jean, son imper, sa capuche, qui le couvre du froid, mais pas du frisson glacial qui parcourt son échine un peu usée, pour monter jusqu'à son cerveau, et lui faire dire : « c'est trop. J'fou le camp.
Pars pas.